Les cas des terres Rares

Cas des terres rares et des métaux stratégiques


 

Des études au niveau français et européen ont récemment mis en évidence l’importance stratégique de certains métaux pour les applications de haute technologie. Ces études ont dressé une liste de 35 métaux nécessaires au développement d’applications de haute technologie utilisées en Europe et dont certaines sont liées aux technologies dites « vertes » : éolien, véhicule électrique, lampe fluo-compacte, LED.
Ces métaux se décomposent en trois catégories : les platinoïdes, les terres rares et les autres :

Etude du potentiel de recyclage de certains métaux rares

Etude : « Etude du potentiel de recyclage de certains métaux rares » BIO IS pour l’ADEME – 2010

Problématiques actuelles des Terres rares

A l’heure actuelle la principale problématique liée aux terres rares consiste en leur approvisionnement. La production mondiale de terres rares a été estimée à 130 000 tonnes en 2010. Or 97% de cette production est fournie par la Chine bien qu’elle ne possède que 37% des réserves mondiales identifiées à ce jour (100 millions de tonnes). De plus la Chine limite le volume de ses exportations à 30 000 tonnes par an.

Pour faire face au risque de rupture d’approvisionnement de ces ressources trois solutions sont envisageables :

  • La substitution de ces métaux par d’autres : Malheureusement leurs propriétés particulières rendent ces métaux difficilement remplaçables ou alors au prix d’une perte de performance notable. Dans d’autres cas il est au mieux possible de remplacer un élément du groupe des terres rares par un autre.
  • L’optimisation : Que ce soit sur les procédés de fabrication afin de réduire la quantité de ces métaux à mettre en œuvre, ou sur l’utilisation de ces métaux au sein d’un produit. C’est par exemple le cas de l’entreprise Rhodia qui à mis au point des poudres luminophores pour les écrans LCD et lampes fluo-compactes qui contiennent moins de terbium que les poudres actuelles.
  • Enfin le recyclage : Cette solution est de plus en plus envisagée et encouragée pour plusieurs raisons. Elle permet de palier directement au risque de rupture d’approvisionnement de ces métaux. De plus, elle permet d’économiser les ressources disponibles car pour certains éléments (ex : le terbium) les ressources disponibles seraient en voie d’épuisement. Enfin le recyclage est favorisé par la présence directe d’un gisement en Europe au cœur même de nos déchets, notamment dans les DEEE.

Pertinence du recyclage des terres rares et des métaux stratégiques dans les DEEE

Le tableau ci-dessous dresse la liste des applications contenant des métaux rares pour lesquelles le recyclage s’avère particulièrement stratégique :

Etude du potentiel de recyclage de certains métaux rares

Etude : « Etude du potentiel de recyclage de certains métaux rares » BIO IS pour l’ADEME – 2010

Pour d’autres éléments en revanche le recyclage n’a pour l’instant pas été jugé pertinent au vu de leur relative abondance (vanadium) ou du nombre très limité d’applications (osmium, iridium, prométhium, scandium, holmium, thulium, ytterbium et lutétium).

Le recyclage est d’autant plus pertinent qu’il évite l’exportation de déchets en dehors de l’Europe si ceux-ci peuvent y être recyclés, l’activité peut également être génératrice d’emploi. A titre d’exemple on estime à 17 tonnes le gisement de terres rares qui pourrait être récupéré grâce aux 4000 tonnes de lampes fluo-compactes collectées actuellement (15 tonnes d’yttrium, 1 tonne de terbium et 1 tonne d’europium).

Etat du recyclage des terres rares et des métaux stratégiques

Etude du potentiel de recyclage de certains métaux rares Etude : « Etude du potentiel de recyclage de certains métaux rares » BIO IS pour l’ADEME – 2010

Cas des lampes fluo-compactes :

Pour les lampes fluo-compactes la situation est quelque peu différente puisque l’entreprise Rhodia (groupe Solvay) est en train de mettre en place une filière de recyclage de six terres rares contenues dans les lampes fluo-compactes (lanthane, cérium, terbium, yttrium, europium et gadolinium). Cette opération est réalisée sur deux sites, le premier étant chargé d’extraire les terres rares des poudres luminophores, le second étant chargé de leur retraitement.

Pour l’heure, l’entreprise réalise un démonstrateur industriel afin que l’activité devienne opérationnelle en 2014.

Perspectives futures pour le recyclage des terres rares

L’ADEME a identifié les principaux freins au recyclage des terres rares et des métaux précieux. En retour, les actions proposées pour lever ces freins s’articulent autour des quatre axes suivants :

  • « Agir en amont de la chaîne de recyclage » : Favoriser l’éco-conception en facilitant la séparation des composants afin qu’ils puissent subir un traitement spécifique (Accumulateurs, aimants). Impliquer les producteurs pour la recherche de solutions de recyclage pour des produits qui peuvent être spécifiques et dont la composition varie selon les producteurs (ex : les LED).
  • « Mobiliser le gisement » : Il pourra être envisagé d’élargir le champ des produits collectés mais aussi de séparer certains produits pour les traiter de manière spécifique (ex : écrans LCD).
  • « Orienter et soutenir la R&D » : Améliorer les techniques disponibles et développer de nouvelles techniques de recyclage pour les métaux qui ne disposent pas encore de techniques de recyclage.
  • « Activer le recyclage » : Selon deux méthodes complémentaires : l’obligation réglementaire et les incitations financières.

Source : L’institut ENSAM

Une réflexion au sujet de « Les cas des terres Rares »

  1. Denis3008

    VARISCAN prospecte depuis plusieurs mois en FRANCE ( Bretagne, Massif Central, Pyrénées).
    Avec l’appui du BRGM.
    Cependant, il semble qu’en Bretagne, cette société va avoir du fil à retordre.
    En effet, plusieurs collectifs d’habitants sont opposés à toute exploration minière du sous-sol, sous quelques formes que ce soit.
    Trop gros risques écologiques et sanitaires (eau) à la suite de ces possibles forages, si le filon est bon. De plus impact touristique très négatif, dans l’Arvor (pays des bois).
    De plus, VARISCAN est détenu majoritairement par des fonds Singapouriens, ce qui laisse entendre en secret, que le péril jaune avance à pas feutré, pour ne pas effrayer la population.
    Mais les Bretons ne sont pas dupes, dans cette histoire en devenir.

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